Le contrôle du diabète au quotidien la glycémie:

Le contrôle du diabète au quotidien la glycémie:

La glycémie est le taux de sucre (glucose) dans le sang. Le glucose est le carburant principal de nos organes (muscles, cerveau…). Il est indispensable d’en maintenir en permanence un taux à peu près constant dans le sang pour "nourrir" correctement nos organes.
Ceci est réalisé chez le sujet non diabétique.

 

Le glucose du sang a deux origines :

• au moment des repas, il est apporté brusquement et en grande quantité par la digestion des aliments qui en contiennent, il est alors immédiatement stocké grâce à la sécrétion rapide et en grande quantité d’insuline par le pancréas,

• entre les repas, le foie "déstocke" progressivement le glucose.
Ce "déstockage" est, là encore, parfaitement régulé par une sécrétion faible mais régulière et constante d’insuline entre les repas.

Ainsi, chez le sujet non diabétique, la glycémie à jeun est maintenue entre 0,7 et 1,10 g/l et ne dépasse pas 1,40 g/l après les repas.

Quand le pancréas fonctionne mal ou plus du tout, le diabète apparaît : la glycémie à jeun dépasse 1,26 g/l ou 2 g/l après les repas.

Un diabétique peut mesurer à tout moment sa glycémie capillaire dans
une petite goutte de sang prélevée par une micropiqûre au bout du doigt.

Elle est analysée en quelques secondes par un petit lecteur de glycémie. Ceci permet au diabétique d’ajuster, à tout moment, alimentation ou traitement, en particulier ses doses d’insuline si nécessaire.

La mesure de la glycémie, indispensable pour adapter son traitement, n’est cependant pas, du fait de sa variabilité, un bon indicateur de l’état de santé à long terme du diabétique.

Si les glycémies restent régulièrement élevées pendant des mois et des années, le sucre fini par être en excès dans tout notre corps.
Dès lors, il est toxique pour l’ensemble de nos artères d’où l’apparition de complications dramatiques pour le coeur, l’oeil, le rein, les jambes.

 

Pour un meilleur contrôle du diabète, le contrôle du diabète sur le long terme l'A1c.

Bien mieux qu’un dosage ponctuel de la glycémie, éminemment variable chez le diabétique, c’est le dosage, tous les 3 mois, de l’A1c (également appelée hémoglobine glyquée, glycosylée ou HbA1c), qui est le bon indicateur de l’équilibre du diabète et du risque à terme de complications.

Dans le sang, l’hémoglobine contenue dans les globules rouges, se comporte (entre autres !) comme une "éponge à sucre" : elle se charge progressivement du sucre contenu dans le sang.

Quand la glycémie est normale, au terme des 120 jours de vie d’un globule rouge, 4 à 6 % de l’hémoglobine est chargée en sucre.

Chez le diabétique, l’hémoglobine est d’autant plus chargée en sucre que le diabète aura été mal équilibré pendant les 3 mois de vie du globule rouge. C’est une bonne mesure de l’imprégnation globale de l’organisme par le sucre en excès et donc de l’agressivité du diabète pendant cette période.

Le risque de complications à long terme chez le diabétique est directement en relation avec le taux de l’A1c .Le taux de l'A1c est le reflet de la glycémie moyenne des 3 mois précédents.

 

Les complications du diabète:

1>Une obstruction des artères du coeur…et c’est l’infarctus,

2>Une obstruction ou une rupture des toutes petites artères de la rétine…
et la vue est menacée,

3>Une destruction progressive du filtre rénal…et ceci peut conduire à la dialyse,

4>Une atteinte des nerfs des pieds…et c’est le risque d’une perte de sensibilité des pieds avec l’apparition de plaies profondes,

5>Une obstruction des artères des jambes…et l’artérite peut conduire à
l’amputation si les artères ne sont pas "réparables",

6>Une obstruction des artères du cou… et c’est le risque d’hémiplégie,

7>Une diminution des défenses anti-infectieuses de l’organisme…
et c’est le champ libre aux infections de toute nature.

 

 

 

Tableau des moyennes glycémiques correspondant aux taux d'hémoglobine glyquée.

Taux d'hémoglobine glyquée (Hba1c)

 

Moyenne glycémique approximative

 

( % )

 

( g/dl )

 

4

 

0.65

 

5

 

1.00

 

6

 

1.35

 

7

 

1.70

 

8

 

2.05

 

9

 

2.40

 

10

 

2.75

 

11

 

3.10

 

12

 

3.45

 

13

 

3.80

 

14

 

4.15

 

 

......... Signifie que le taux d'hémoglobine glyquée est idéal.

........  Signifie que le taux d'hémoglobine glyquée est moyen, il doit être amélioré.

........  Signifie que le taux d'hémoglobine glyquée et trop haut ce qui comporte de nombreuses complications pour plus tard. Il faut diminuer ce taux au plus vite. (Voir plus bas.)

 

Toutes ces complications sont parfaitement évitables et ne
devraient plus se voir, pourvu que :

• l’A1c soit inférieure à  7%

• la pression artérielle < 14/8 mmHg

• le mauvais cholestérol (LDL) et les triglycérides
respectivement <1 g/l et 1,5 g/l dans l’idéal,

• le tabac soit arrêté.

 

 

Pour mieux connaître l'importance du diabète:

Du fait des modifications planétaires du mode de vie avec l’occidentalisation
des habitudes alimentaires et la sédentarité liée à l’urbanisation, le diabète
de type 2 connaît une expansion d’allure épidémique y compris dans les
pays en voie de développement.

L’allongement de la durée de vie participe aussi à l’augmentation du nombre de diabétiques.
 

1> Plus de 2 millions de diabétiques diagnostiqués

2> 600 000 diabétiques qui s’ignorent

3>1ère cause de cécité acquise et de troubles visuels

4> 1ère cause d’amputation non consécutive à un accident

5> 2 à 4 fois plus de risques de développer une maladie
cardiovasculaire qu’un non diabétique

6> 2 fois plus de risque d’accident vasculaire cérébral chez
le diabétique hypertendu que chez le diabétique

7> Le coût de la prise en charge médicale est évalué à
4,9 milliards d’euros par an.

Les 7 différences:

1> L’âge de survenue
Le diabète de type 1 apparaît en règle générale avant 30 ans,
Le diabète de type 2 survient souvent après 40 ans.

2>Le profil du patient
Le diabète de type 1 ne touche pas une population particulière, il peut survenir chez tout le monde.
Le diabète de type 2 : 90 % des patients ont un surpoids.

3>L’origine
Le diabète de type 1 est dû à une "erreur" du système immunitaire qui s’attaque spécifiquement aux cellules pancréatiques fabriquant l’insuline, comme si elles étaient devenues étrangères et les détruit toutes.
Le diabète de type 2 s’accompagne d’emblée d’une "insulino-résistance": avant même l’apparition du diabète, pour maintenir une glycémie normale, l’insuline étant moins active, il en faut plus que chez un sujet non diabétique. Puis, le pancréas faiblit et fabrique de
moins en moins d’insuline : la glycémie ne peut plus être maintenue normale et le diabète apparaît. Les capacités sécrétoires du pancréas lors du diagnostic sont environ à 60% de la norme et seulement à 25% en moyenne au bout d’une dizaine d’années.

4> Hérédité
Le diabète de type 1, même si certains gènes sont impliqués dans le mécanisme de la maladie, le risque génétique est faible (2 % pour un enfant de mère diabétique de type 1).
Le diabète de type 2, une prédisposition génétique est importante avec un risque de 30% pour les enfants ayant un parent diabétique.

5> La répartition dans la population
Le diabète de type 1 concerne 5 à 10 % de l’ensemble des diabétiques.
Le diabète de type 2 représente plus de 90 % de la population diabétique.

6> L’ évolution de la maladie
Pour le diabète de type 1, aucune sécrétion d’insuline étant possible, si le malade n’est pas traité par l’insuline, l’évolution est dramatique puisqu’elle conduit rapidement au coma acidocétosique et à la mort.
Pour le diabète de type 2 : l’évolution est insidieuse avec une perte progressive de la sécrétion de l’insuline. Tant que la glycémie n’est que modérément élevée (< 2 g/l), le patient ne ressent aucun symptôme mais les complications peuvent s’installer à bas bruit.

7> Le traitement
Pour le diabète de type 1, c’est d’emblée l’insuline.
Pour le diabète de type 2, c’est une escalade thérapeutique programmée associant régime, comprimés et à terme souvent l’insuline.
 



Les traitements pour parvenir à l'objectif de l'A1c:

Diabète de type 1:des insulines de plus en plus performantes
Les insulines et analogues actuellement disponibles sont obtenues par génie génétique. Elles sont de rapidité et de durée d’action très différentes.
Ces insulines permettent d’imiter convenablement le fonctionnement du
pancréas détruit : les besoins de base en insuline entre les repas, pendant 24 h 00, peuvent être assurés par une, voire deux injections d’insuline lente ou par le débit de base d’une pompe à insuline portable.
Aux moments des repas, les besoins en insuline sont immédiats, importants et brefs. Ils sont bien couverts par une injection d’insuline ultra-rapide avant (voire pendant le repas), en quantité ajustée aux aliments glucidiques ingérés.
Si le patient porte une pompe, il lui suffit de déclencher un "bolus" adapté d’insuline.

Le choix des aliments:

• soit une alimentation "calibrée" en glucides, définie pour chaque patient avec l’aide de la diététicienne. En contrepartie, il faut injecter une dose d’insuline ultra-rapide "calibrée",

• soit le patient opte pour le libre choix des aliments riches en sucre (qu’ils aient ou non le goût sucré !) mais un entraînement spécial est indispensable pour calculer la dose exacte d’insuline ultra-rapide nécessaire.


La mesure pluri-quotidienne de la glycémie, avant et occasionnellement après les repas, permet progressivement d’ajuster les doses de ces deux types d’insuline, lente et rapide, et de maintenir une A1c proche de 7.

 

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